Saturday, March 5, 2011

Endodontie pédodontie


La pulpectomie 
 
I.A. Définition 
C’est l’éviction aussi complète que possible, du parenchyme pulpaire, suivie d’une obturation
du système endodontique. 
 
I.B. Indications 
Elle est indiquée: 
• En présence d’une inflammation pulpaire irréversible
• En cas d’échecs des pulpotomies
• Les dents temporaires aux stades II et III (début) 
 
I.C. Contre indication 
Elle ne doit pas être envisagée: 
• S’il existe des contre-indications systémiques
• Si l’enfant est inapte à coopérer
• Si la dent n’est pas restaurable
• En cas résorption radiculaire pathologies (supérieures au deux tiers)
• En cas de résorption interne
• S’il y a atteinte du sac folliculaire du germe sous-jacent 
 
I.D. Protocole opératoire 
• Radiographie préopératoire
• Anesthésie
• Pose du champ opératoire
• Nettoyage et désinfection de la cavité
• Cavité d’accès large pour compenser la courbe canalaire
• Localisation des orifices canalaires
• La longueur radiculaire est préévaluée sur la radiographie, on retire 2mm (résorption
radiculaire)
• Radiographie avec une lime K en place
• Cathétérisme sous irrigation à NaOCl à 2.5% ou __ 
La mise en forme du canal n’est pas recherchée, le but est le retrait du tissu organique
_______
• Obturation canalaire à l’oxyde de zinc eugénol par un lentulo
• Radiographie de contrôle
• Pansement provisoire ou CIV
• Restauration de la dent et CPP à la séance ultérieure. 
 
II Traitement endodontique des dents non-vitales 
La méthodologie est la même que précédemment, sauf que l’anesthésie n’est pas nécessaire, en
cas de nécrose totale.
L’irrigation antiseptique doit être réalisée
Le traitement radiculaire s’effectue en deux séances
L’obturation canalaire n’intervient qu’après disparition des signes cliniques (abcès, fistules…)
En cas de cellulite, et si la dent est conservable, une antibiothérapie est prescrite pendant dix
jours. 
5 à 7 jours après le début de la prescription, la dent est obturée.
Si les symptômes cliniques persistent, les dents temporaires au stade III sont extraites. 
 
III Suivi post-opératoire 
Radiographie tous les 6 mois, jusqu’à la chute physiologique de la dent temporaire
Surveillance de la résorption de la pâte d’obturation
Parfois, la rétention de la dent temporaire peut nécessiter son extraction pour permettre
l’éruption de la dent permanente sous jacente.
Pronostic favorable dans environ 80% des cas, le reste se traduit souvent par des
complications infectieuses. 
 
IV Conclusion 
Les pathologies bucco-dentaires d’un enfant expriment une spécificité très différente de celle
d’un adulte.
Elles connaissent des expressions diverses en fonction de l’âge, et sont dominées par la notion
d’évolution de la croissance.
Elle justifient des thérapeutiques interceptives et préventives simples à conduire, afin d’éviter
l’installation de pathologies beaucoup plus complexes.

LE COIFFAGE DENTINAIRE


C’est une intervention qui consiste a placer sur une plaie vive de dentine une substance capable d’engendre une cicatrisation par apposition de dentine néoformée.
LES INDICATIONS DU COIFFAGE DENTINAIRE :
-Il est indiqué dans tout les cas de plaie dentinaire à condition que le niveau clinique de la lésion doive être situé dans les tissus durs de la dent
-Traumatisme avec mise a nue de la dentine (fracture coronaire non pénétrante oblique ou horizontale)
-Carie a évolution rapide.
-Dénudation cervicale.

LES PRODUITS DU COIFFAGE :
-la pâte oxyde de zinc eugénol (zoé) : préparé a la consistance du mastic du vitrier, présente l’avantage de constituer un pansement et un matériau d’obturation provisoire. C’est le plus utilisé.
-l’hydroxyde de calcium : doit être recouvert par un ciment provisoire.
-vernie dentaire : ne sont utilisés que comme un pansement de courte durée et indiqués pour les collets dénudés.
LA TECHNIQUE OPERATOIRE :
-le champ opératoire : la digue n’est pas obligatoire l’isolement de la dent par les rouleaux de coton est suffisant, l’élimination de salive est complétée a l’aide d’une pompe a salive.
-le curetage dentinaire : le coiffage ne doit être exécuter que sur une dentine saine dont on peut entendre le cri dentinaire, dans le cas d’une carie il doit être complété par un curetage dentinaire complet.
-la désinfection avec l’hypochlorite de sodium.
-le séchage de la dent : on projette de l’air jusqu’à l’apparition d’un très léger blanchiment de la dentine.
Il permet de déceler un copeau de dentine oublié (c’est un acte douloureux qu’il faut le pratiquer avec précaution)
-la pose du produit : la pâte ZOE est préparée sur une plaque de verre rugueuse, a l’aide d’une spatule a bouche on prélève une tranche de ce boudin que l’on transporte vers la dent et ainsi de suite jusqu’à la reconstitution de la dent.
L’EVOLUTION DU TRAITEMENT :
Apres la pose du produit, le patient est soulagé, il n’est plus gêné par la perte de substance.
Sur le plan histologique :
Le réussite du coiffage dentinaire se traduit par la disparition de la zone dentaire enflammée et l’apparition d’une sclérose locale avec de dentine réactionnelle.
Sur le plan pratique :
La dent est restaurée définitivement avec la conservation du fond protecteur qu’elle soit à l’amalgame d’argent ou au composite.

Friday, March 4, 2011

Traitement des dents immatures: Apexogénèse et Apexification


Dent sur l’arcade mais elle n’a pas terminé son évolution radiculaire.  
II Caractéristique de la dent immature 
La racine a le plus souvent un canal large, à parois parallèle voir divergentes en direction
corono-apicale, avec un apex en tromblon, non délimité en apicale, soit un canal de forme tout
à fait opposée à la forme recherchée en endodontie, il est donc indispensable face à une dent à
apex immature de créer une matrice de la zone apicale avant d’entreprendre la thérapie
endodontique habituelle afin de pouvoir condenser l’obturation de façon satisfaisante. 
 
III Anatomie-physiologie de la dent immature 
La racine présente des caractéristiques déterminées par la classification de Nolla,
particulièrement aux stades 8 et 9.
Anatomiquement, la racine possède; 
• Des parois dentinaires minces et fragiles;
• Un endodonte large;
• Ouverture apicale importante avec un ligament alvéolo-dentaire en formation.
Physiologiquement, la pulpe et le parodonte immature possèdent des cellules jeunes à fort
potentiel de différenciation, de défense et de réparation. 
 
IV Apexogénèse 
 
IV.A. Définition 
L’Apexogénèse est la manoeuvre thérapeutique qui permet la poursuite physiologique du
développement radiculaire et la fermeture apicale d’une dent incomplètement formée.
Elle est réalisée sur dent vivante et immature.
Le but du traitement est double: 
• Provoquer au niveau coronaire une néoformation dentinaire qui protège la pulpe.
• Permettre aux tissus pulpaires restant d’induire l’édification radiculaire. 
 
IV.B. Matériaux utilisés 
 
IV.B.a. L’hydroxyde de calcium, Ca(OH)2 
Aussi dit: chaux éteinte, chaux hydratée ou chaux délitée.
C’est une poudre blanche très fine, sans odeur, peu soluble dans l’eau, résulte de la réaction
suivante: 
CaO + H2O -> Ca(OH)2
 
1 Propriétés 
 
• pH alcalin de 9 à 13 suivant les préparations ;
• Peu soluble dans l’eau ;
• Radiopacité identique à la dentine ;
• Bonne isolation thermique ;
• Résistance à la compression satisfaisante ;
• Résorbable ;
• Action caustique superficielle sur les tissus ;
• Pouvoir dentinogène important ;
• Action antiseptique ;
• Action anti-inflammatoire ;
• Action hémostatique liée à la présence de Calcium. 
 
2 Préparation 
 
• Préparation magistrale: 
La poudre est dissoute dans l’eau bidestillée stérile dans un flacon hermétique et sombre
• Préparation extemporanée: 
Poudre + solution anesthésique sans vasoconstricteur au sérum physiologique.
• Préparation commerciale: 
• Préparation endocanalaire fluides 
Cal Sept, Pulp-dent, Hystopulpe, Calxyl…
• Préparations durcissantes 
Dycal, Procal, Difel… 
 
IV.B.b. Minéral Trioxyde-aggregate "M.T.A" 
 
1 Composition 
 
• Oxyde de calcium: 65%;
• Dioxyde de silicate: 21%;
• Oxyde de Fer: 4%;
• Sulfate de calcium: 4%;
• Oxyde de Magnésium: 2%;
• Oxyde de Na-K: 0.5%. 
 
2 Propriétés 
 
• pH=10.2;
• Non soluble dans l’eau et les fluides buccaux;
• Bonne radioopacité;
• Bonne étanchéité;
• Faible cytotoxicité;
• Pouvoir dentinogène;
• Pouvoir antibactérien;
• Biocompatible. 
 
3 Préparations 
 
Le MTA se présente sous forme d’une poudre grise ou blanche mélangée à l’eau stérile dans
un rapport de 3 pour 1. 
 
IV.C. Techniques 
Deux types d’intervention sont possibles: le coiffage pulpaire et la pulpotomie, le choix est
fonction du bilan biologique et du diagnostic posé.
 
IV.C.a. Le coiffage pulpaire indirect 
 
• Définition 
C’est une intervention particulière à la carie à évolution rapide, elle a pour but de placer sur un
opercule de dentine décalcifiée une substance capable d’induire l’apposition et la formation
d’un pont dentinaire. 
 
IV.C.b. Coiffage pulpaire direct 
 
1 Définition 
Intervention qui consiste à protéger une pulpe lésée accidentellement par une substance
biologique dans des conditions aseptiques afin de lui conserver sa vitalité et sa fonction. 
 
2 Indications 
Elles sont limitées aux catégories I et II de Baume, c’est à dire: 
• Aux pulpes vivantes sans symptomatologies, lésées accidentellement ou proches d’une carie
ou d’une cavité profonde susceptible d’être protégé par coiffage.
• Aux pulpes vivantes avec symptomatologies dont on tentera chez le jeun de conserver la
vitalité pulpaire. 
 
3 Contre-indications 
 
• D’ordre général chez les sujets porteurs d’affections graves.
• D’ordre local: 
• Si la dent présente des signes de pulpite.
• Lorsque la mise à ni pulpaire est consécutive à une carie profonde (micro-abcés potentiel).
• Si l’exposition pulpaire est importante.
• Quand l’effraction pulpaire date de plus de quelques heures. 
 
4 Protocole opératoire 
 
• Contrôle de la vitalité pulpaire ;
• Radiographie préopératoire ;
• Anesthésie locale sans vasoconstricteur ;
• Pose du champ opératoire ;
• En cas de carie: curetage dentinaire prudent ;
• En cas de fracture, lavage de la plaie dentinaire et pulpaire au sérum physiologique ; 
• Hémostase si nécessaire ;
• Légère élargissement de l’ouverture pulpaire afin de créer un moyen de rétention et de
stabilité du matériau de coiffage ; 
• Restauration provisoire ; 
• Contrôles post-opératoire à 1, 3, 6 et 9 mois, clinique et radiographiques. 
 
IV.C.c. Pulpectomie 
 
1 Définition 
Thérapeutique qui consiste à amputer la pulpe d’une dent immature à un ____ et à coiffer
provisoirement le moignon pulpaire par un produit de coiffage (Ca(OH)2, MTA) dont le but
est de permettre à la pulpe de terminer l’édification radiculaire et apicale.
C’est un traitement provisoire, après la mise en place de la jonction-cémento-dentinaire, on
réalise la pulpectomie et l’obturation canalaire définitive. 
 
2 Indication 
 
• Exposition pulpaire large et sans signe d’inflammation irréversible.
• Si le patient est traité plus de 30 minutes après l’effraction. 
 
3 Protocole opératoire 
 
• Radiographie préopératoire; 
• Anesthésie sans vasoconstricteur; 
• Pose du champ opératoire; 
• Ouverture de la cavité d’accès; 
• Excision sans irrigation de la pulpe camérale; 
• Coiffage du moignon pulpaire avec Ca(OH)2 ou MTA; 
• Pose d’un pansement type IRM; 
• Reconstruction provisoire; 
• Contrôle post-opératoire à 1, 3, 6 et 9 mois. 
 
IV.D. Classification de Nolla 
Les différentes étapes morphologiques du développement ont été décrites par Nolla en 1960. 
• Stade 0: Absence de crypte;
• Stade 1: Présence de crypte;
• Stade 2: Calcification initiale;
• Stade 3: le tiers de la couronne sont édifiés;
• Stade 4: les deux tiers de la couronne sont édifiés;
• Stade 5: la couronne est presque achevée;
• Stade 6: la couronne est achevée;
• Stade 7: le tiers de la racine est édifié;
• Stade 8: les deux tiers de la racine sont édifiés (forme en tromblon);
• Stade 9: la racine est presque achevée ;
• Stade 10: l’extrémité apicale de la racine est achevée (la jonction cémento-dentinaire en
place); 
 
IV.E. Résultats de l’Apexogénèse 
 
• Formation d’un pont dentinaire, se déroule en 3 phases: 
• Organisation de la couche superficielle nécrosée;
• Formation d’un réseau fibrillaire grossier qui se minéralise;
• Réorganisation d’une couche d’odontoblastes avec formation de dentine tubulaire.
• ةdification radiculaire et fermeture apicale: 
La durée nécessaire pour obtenir une fermeture apicale complète dépend du stade de
développement de la dent au moment du traitement. 
 
V Apexification 
 
V.A. Définition 
C’est une thérapeutique effectuée sur dents immatures dont la pulpe est apparemment nécrosé,
son objectif est d’induire la fermeture apicale par la formation d’une barrière minéralisée.
Parfois la croissance et l’allongement peuvent s’effectuer si: 
• Le stade d’évolution radiculaire correspond à l’âge dentaire du patient;
• Et certaines cellules de la gaine de Hertwing peuvent demeurer vivantes. 
 
 
V.B. Protocole opératoire 
 
• Radiographie préliminaire;
• Pose du champ opératoire;
• Ouverture de la cavité d’accès;
• Détermination de la longueur de travail;
• Parage canalaire sous l’image excessive des parois sans irrigation constante d’hypochlorite
de sodium à 2.5%;
• Séchage soigneux du canal;
• Obturation canalaire au Ca(OH)2 ou MTA jusqu’à la longueur du travail 
Contrôle radiographique immédiat, à 1 et 3 semaines puis toutes les semaines durant les trois
premiers mois ouis tous les 2 à 3 mois.
Si l’obturation est faite au Ca(OH)2, ils mettent en évidence les modifications de l’obturation
et la nécessité de réintervention.
• Obturation définitive: 
Par condensation à froid ou à chaud de la Gutta percha est possible quand: 
La dent est asymptomatique;
La barrière apicale est visible radiographiquement et perceptible cliniquement.
• Ecouvillonnage: 
Faire rentrer et sortir avec mèche monté sur sonde ecourissoire et ne pas laisse pas à demeure. 
 
V.C. Résultats de l’apexification 
Formation d’une barrière calcifiée apicale sans allongement radiculaire.
Ce type de réponse est lié au stade d’évolution de la dent immature qui au moment du
traitement ne correspond pas à l’âge du patient.
Formation d’un apex anatomique: 
Très rare, ce type de réponse peut se rencontrer lorsque le stade d’évolution de la dent
immature correspond à l’âge du patient au début du traitement et lorsque quelques restes
pulpaires sont encore en place.

Obturations des cavités de classe V Généralités


Le diagnostic des caries de classe V est relativement aisé. Par contre leur traitement et le choix du
matériau de restauration restent délicats du fait de la position particulière de ces lésions.

Définition
 
Black a décrit les caries de classe V comme les caries du tiers cervical de toutes les dents.
 
Localisation
 
C’est une carie du collet, située entre le bombé cervical et le sulcus gingival .
La face vestibulaire est la plus touchée, et plus rarement les faces linguales ou palatines .
Suivant l’état parodontal du patient, la lésion est :
- sus-gingivale ; 
- juxtagingivale ; 
- sous-gingivale . 
En cas de récession gingivale, l’atteinte carieuse peut débuter sous le collet anatomique ou à cheval
sur les tissus coronaires et radiculaires. La carie est alors :
- coronaire ; 
- coronoradiculaire ; 
- radiculaire . 
Aspects et évolution
 
La carie a généralement une allure linéaire, allongée dans le sens mésiodistal .
Elle évolue plus en superficie qu’en profondeur.
Les caries radiculaires s’étendent plus rapidement que les coronaires du fait de la faible résistance du
cément moins minéralisé que l’émail.
A cause de cette différence de composition, la flore bactérienne de ces deux types de caries de
classe V ne serait pas la même
.
Chez les adultes, la prévalence des caries coronaires régresse. Mais le relais est pris par les caries
du collet, influencées notamment par la récession gingivale.
Les caries de classe V sont favorisées par certains facteurs :
- une mauvaise hygiène buccodentaire ; 
- une alimentation déséquilibrée ; 
- une dénudation radiculaire  ; 
- une hyposialie ; 
- des crochets de prothèse amovible mal conçus, provoquant une usure de l’émail et des zones de
rétention de plaque dentaire ; 
- un traitement orthodontique intempestif ; 
- des dysplasies amélodentinaires
; 
-  l’alcoolisme et la toxicomanie : les polycaries du collet sont le signe pathognomonique d’une
toxicomanie de plusieurs années
. 
Une étude épidémiologique
a permis de faire ressortir plusieurs points :
 
-  le profil type du patient présentant une telle pathologie est une personne de 40 ans ou plus, plus
souvent un homme qu’une femme ; 
- la fréquence des lésions sus-gingivales et juxtagingivales est identique mais dépassée par celle des
lésions sous-gingivales ; 
-  le groupe incisivocanin est le plus touché,  notamment au  maxillaire et les prémolaires et les
molaires les plus concernées sont mandibulaires. 
Les caries coronoradiculaires sont en général indolores. Ce silence clinique est dû  au caractère
chronique de la lésion. Ce sont souvent des caries à évolution lente, autorisant la rétraction pulpaire
par formation de dentine tertiaire.
Diagnostic différentiel avec les érosions cervicales
 
Les caries de classe V et les  érosions cervicales (ou mylolyses) ont la même localisation : le tiers
cervical . Les thérapeutiques de ces lésions présentent de ce fait certaines analogies.
Les deux pathologies sont parfois associées dans une même bouche. Mais leur étiologie et surtout
leur aspect les distinguent.
L’étiologie des mylolyses est très controversée. Son origine générale (dystrophie de l’émail, pH
salivaire…) ou locale (brossage trop énergique, horizontal, avec une brosse à poils durs associé à un
dentifrice abrasif ou une malocclusion) n’a pas été clairement définie
.
Les érosions cervicales ont la forme d’une encoche, dièdre à deux versants, plus ou moins ouverts,
dirigés respectivement vers la couronne et vers la racine. Les arêtes sont vives, le fond est jaune ou
brun, dur, lisse et brillant . 
 
Réalisation des cavités de classe V
  
 
Nettoyage de la zone opératoire
 
Cette  étape permet de bien visualiser la lésion et d’opérer dans une zone exempte de dépôts
éventuels.
Elle est réalisée à l’aide d’une brossette en Nylon® enduite de pierre ponce .
 
Il est préférable d’éviter :
- les cupules en caoutchouc dont le passage peut laisser des traces sur la surface dentaire ; 
- les pâtes fluorées ou grasses qui perturberaient le mordançage de l’émail lors de restaurations par
des résines composites. 
Certains auteurs préconisent l’application du chloroforme sur la dent afin de dissoudre les graisses et
produits gommeux (mucines) et de faciliter le travail des instruments rotatifs.
Tests de vitalité pulpaire
 
Il est indispensable de vérifier la vitalité pulpaire. Ce geste assure la confirmation du diagnostic et du
futur traitement.
Radiographie
 
Un cliché  radiographique ne peut pas renseigner sur la profondeur de la carie et de sa distance par
rapport à  la pulpe du fait de la superposition des images de la lésion et de la cavité pulpaire. Cette
étape est donc inutile .
Anesthésie préopératoire
 
La carie de classe V se développe dans une zone de dentine relativement peu épaisse
et juste en
regard de la pulpe. Aussi une anesthésie préalable aux soins est souvent utile du fait de l’extrême
sensibilité du collet.
Traitement gingival
 
La gencive en regard de la carie, juxta- ou sous-gingivale, peut être enflammée, bourgeonnante et
envahir la lésion. En fonction de l’état parodontal, une éviction gingivale, temporaire ou définitive peut
se pratiquer  à  l’aide de moyens mécaniques (pose d’un champ opératoire et matrices),
mécanochimiques (fil de rétraction imprégné  d’une substance astringente), chirurgicaux (chirurgie
parodontale).
Champ opératoire
 
Sa présence est indispensable, surtout en cas de restauration collée. Son objectif est multiple
,
:
- obtention de l’isolation buccale ; 
- assurer la sécurité de la zone d’intervention ; 
- améliorer les conditions d’asepsie de la zone de travail ; 
- dégager les limites de la cavité lors de sa préparation et de sa restauration. 
- Plusieurs moyens sont mis à notre disposition. 
 
Digue caoutchoutée classique
 
Elle englobe la dent lésée ainsi que 3 ou 4 dents de part et d’autre. Deux crampons enserrant les
dents les plus extrêmes la maintiennent en place. L’herméticité  et la rétraction gingivale sont
améliorées par des ligatures en fil de soie non cirée ou des coins de bois entre les dents
intermédiaires. Parfois, un crampon dit " rétracteur gingival " (" brincker " d’Hygenic) placé
directement sur la dent lésée dégage bien la carie
.
C’est le procédé  le plus efficace contre l’humidité  buccale. Il est recommandé  pour le maxillaire et
chez les patients à respiration buccale. Malheureusement, sa mise en place est souvent délicate lors
des caries de classe V.
 
Mini-digue de Hawe
 
Caoutchouc  épais, préformé  et perforé,  il isole 3  à  4 dents. Il est maintenu par des ligatures qui

Caoutchouc  épais, préformé  et perforé,  il isole 3  à  4 dents. Il est maintenu par des ligatures qui
assurent la rétraction gingivale.
Très pratique et facile à manipuler, ce système est réservé au secteur antérieur maxillaire.
 
Quickdam : la digue " éclair "
 
C’est un caoutchouc maintenu tendu par un cadre  élastique intégré.  Ce modèle est perforé  puis
introduit par déformation du cadre dans la cavité buccale.
Son efficacité  le rapproche de la digue classique et il est indiqué  pour les secteurs postérieurs et
antérieurs.
 
Contour-ship
 
C’est une bande de matrice celluloïde prédécoupée, très fine. Insérée dans le sulcus et bloquée au
niveau proximal par des pellets de coton, des mini-éponges ou des coins de bois, il réalise un champ
opératoire limité à  une dent. L’étanchéité  est assurée par quelques gouttes de résine
photopolymérisable étalée à l’extérieur du strip, en cervical.
Sa position sulculaire est bien appropriée aux restaurations de classe V lorsque la pose de la digue
s’avère trop " délicate ".
Eviction de la lésion carieuse
 
En général, ce sont des caries déjà bien ouvertes. L’émail non soutenu restant est éliminé par une
fraise boule ou cylindrique, diamantée, à grande vitesse .
Le curetage de la dentine cariée s’effectue ensuite avec une fraise boule en carbure de tungstène, à
vitesse lente.
Le contrôle et la finition sont réalisés à l’excavateur.
Mise en forme de la cavité
 
 
Forme de contour
 
C’est une ligne courbe continue qui entoure la carie  :
- le bord occlusal est parallèle à la ligne de plus grand contour coronaire ; 
- les bords proximaux sont parallèles aux parois proximales ; 
- le bord cervical est parallèle au bord cervical de la dent. 
Ce bord cervical ne doit pas correspondre avec le collet physiologique mais se situer en deçà ou au-
delà ; car cette partie est une zone d’accumulation de plaque dentaire et donc favorable aux récidives
de carie .
La forme de contour est plus ou moins accentuée selon l’anatomie de la dent considérée .
 
Fond
 
Il est parallèle à la surface dentaire :
- convexe dans le sens mésiodistal ; 
- plat ou convexe, selon la largeur de la préparation, dans le sens cervico-occlusal. 
Cette convexité  permet le respect de l’intégrité  pulpaire  . On peut aussi, lors de caries
profondes, réaliser des fonds en gradins de plusieurs niveaux.
 
Parois
Parois
 
Chacune est perpendiculaire à un plan tangent à  la surface dentaire (fig. 26). Les parois proximales
sont de dépouille.
Les angles de raccord entre le fond et les parois sont arrondis.
 
Rétentions
 
Elles sont indispensables car la préparation est souvent plus large que profonde. Ce sont  :
- des contre-dépouilles au détriment des parois occlusales et cervicales ; 
- des encoches : deux cervicales et une occlusale ; 
- des puits " holes " dentinaires en M et D du fond pulpaire ; 
- des tenons dentinaires ; 
- le mordançage acide de l’émail biseauté pour les résines composites
. 
Seules les préparations pour les restaurations aux ionomères de verre échappent à cette règle.
 
Extension prophylactique
 
Elle permet de réduire le risque de récidive de carie et ne trouve d’indication pour les préparations de
classe V que chez des patients présentant une hygiène buccodentaire défectueuse.
La préparation est alors étendue aux " angles " de la région cervicale que forme la face vestibulaire
avec les faces proximales.
L’extension peut être aussi envisagée vers le sulcus gingival si cette région est atteinte par la lésion
carieuse
. 
 
Traitement de la plaie dentinopulpaire
  
 
Il consiste à protéger les tissus dentinopulpaires et permettre leur cicatrisation.
Ses modalités dépendent de la présence de dentine réactionnelle et de la profondeur de la carie.
Lors d’une carie à évolution rapide, il ne se forme pas de dentine réactionnelle. Un coiffage dentinaire
est nécessaire à la reprise de la dentinogenèse. De l’hydroxyde de calcium est placé au contact de la
dentine puis recouvert d’une obturation provisoire. La restauration définitive ne sera posée qu’au bout
de six à sept semaines
après avoir testé la vitalité pulpaire.
En cas de carie  à évolution lente, la présence de dentine réactionnelle autorise la restauration
définitive immédiate de la dent. Un fond de cavité  isolera la plaie dentinopulpaire du matériau de
restauration. Il sera adapté à la profondeur de la préparation et n’interférera pas avec l’herméticité de
la restauration et les propriétés physicochimiques du matériau. 
Incidences de la restauration de classe V sur la physiologie du tiers cervical
  
 
La morphologie de cette région correspond à la fonction première de la dent : la mastication
.
 
L’anatomie des faces vestibulaires favorise un effet déflecteur des aliments qui sont dirigés
directement vers la face externe de la gencive et le fond du vestibule.
Ce bombé cervical se trouve à  la jonction du tiers médian et du tiers cervical. La valeur du surplomb
doit correspondre à la moitié de l’épaisseur gingivale au niveau de son attache épithéliale . Si
la restauration du bombé est trop prononcée, la plaque dentaire s’accumulera en dessous, dans une
zone appelée : " le triangle de stase " (fig. 29).
Si le bombé est trop plat, les aliments risquent de traumatiser l’attache épithéliale gingivale.
Dans les deux cas, le parodonte est blessé même si un sous-contours s’avère mieux toléré qu’un sur-
contours.
D’autre part, toute inclusion de matériau de restauration dans le sulcus représente une agression
parodontale. Une mise en place soigneuse de notre restauration permet d’éviter cet incident ainsi
qu’une bonne adaptation cervicale à l’aide de matrices. 
 
Choix du matériau de restauration
 
 
 
Il se fait en fonction :
- du cas clinique : de la situation de la carie, de sa profondeur et du type de rétention possible ; 
- de la situation de la dent malade sur l’arcade : son degré de visibilité est plus faible en direction des
dents postérieures et il dépend de l’amplitude de découverte dentaire lors de l’ouverture buccale et
du sourire ; 
- des critères esthétiques du patient… 
L’amalgame reste indiqué  pour les dents postérieures et inférieures grâce  à  ses propriétés
physicochimiques qui lui confèrent une bonne tolérance tissulaire.
Les résines composites sont utilisées lors de préparations sur dents antérieures et de faible
profondeur. Leur esthétique est incontestable  mais le problème de leur biocompatibilité n’est
pas totalement résolu. Enfin, les nécessités techniques, qui imposent une siccité  très stricte lors de
leur manipulation, contre-indiquent leur emploi en cas de situation trop sous-gingivale .
Les ciments aux ionomères de verre trouvent leur indication dans tous les cas de figure. Ils restent
néanmoins moins esthétiques que les résines composites au niveau du secteur maxillaire antérieur
du fait de leur manque de translucidité.

Thursday, March 3, 2011

Obturation des cavités de classe II : Obturation par un matériau : résines composites


Nos restaurations subissent principalement des  échecs d’origine mécanique ou biologique. Les
échecs mécaniques (fractures de l’obturation ou de la dent) sont souvent dus à  l’utilisation incorrecte
du matériau ou à un manque de compréhension par le praticien de l’analyse des contraintes lorsqu’il
prépare la cavité destinée à la restauration. 
L’échec biologique résulte généralement de micropercolation autour des restaurations, conduisant
aux douleurs postopératoires, à  la discoloration marginale, aux caries secondaires et éventuellement
à l’atteinte pulpaire. Les dommages pulpaires immédiats provoqués par une technique de préparation
agressive ou par le matériau utilisé portent moins à conséquence que les irritations prolongées dues
au manque d’étanchéité. 

Dans les petites caries proximales primaires, une préparation limitée à la cavité d’accès et à la finition
est avantageusement obturée avec un composite, en particulier au niveau prémolaire.
- Matériaux recommandés : composites universels.
 
Classes 2
 
En fonction des critères définis, nous optons pour le composite ou l’amalgame.
Le composite est indiqué  pour des restaurations situées dans les régions où  l’esthétique est
primordiale (prémolaires, en particulier mésio-occlusales [MO] des 14 et 24), placées dans des
cavités peu exposées aux contraintes masticatoires et entourées partout par de l’émail (non sous-
gingivales ou paragingivales). Le patient est motivé  (hygiène et esthétique). Le praticien utilise les
stratégies de mise en oeuvre destinées à limiter les problèmes de rétraction de prise (collage, couche
par couche, polymérisation " orientée "…), à recréer un point de contact anatomique etc.
L’amalgame est utilisé  dans les restaurations  étendues, supportant des charges occlusales
importantes (cavités étendues, molaires), proches ou au-delà de la ligne cervicale.
- Matériaux recommandés : composites universels possédant des propriétés mécaniques importantes
(Z100®) ou composites destinés aux dents postérieures (P50®).

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